Sheila Hicks, pionnière du textile au Centre Pompidou

Sheila Hicks. Atterrissage, 2014 Vue de l’exposition « Unknown Data », galerie frank elbaz, Paris, 2014 © Adagp, Paris 2018

Sheila Hicks. Banisteriopsis - Dark Ink, 1968-1974 © Philadelphia Museum of Art / © Adagp, Paris 2018

Portrait de Sheila Hicks © Cristobal Zanartu

Trulli
Sheila Hicks. Atterrissage, 2014 Vue de l’exposition « Unknown Data », galerie frank elbaz, Paris, 2014 © Adagp, Paris 2018
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Sheila Hicks. Banisteriopsis - Dark Ink, 1968-1974 © Philadelphia Museum of Art / © Adagp, Paris 2018
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Portrait de Sheila Hicks © Cristobal Zanartu

C’est à l’âge de 83 ans que la France rend hommage à cette pionnière de l’art textile souvent peu valorisé et associé à l’univers du féminin. Mais une visite au Centre Pompidou a vite fait de redonner ses lettres de noblesse à ce medium, fer de lancer d’une génération de féministes en révolte contre le patriarcat et autres formes de domination.

Les fils ont une mémoire et se sculptent dans l’espace

Investissant l’ensemble de la galerie au rez de chaussé visible depuis la rue, ses vastes ensembles présentés sans chronologie ni catégorie interpellent le visiteur et stimulent ses sens. Envie de toucher comme à la dernière Biennale de Venise, hélas nous sommes en France et cela relèverait du sacrilège.

Née en 1934 à Hastings au Nebraska, Sheila Hicks est venue s’installer définitivement à Paris au milieu des années 60 après de nombreux voyages en Amérique du Sud et en Asie pour y recueillir des savoir-faires ancestraux.
Activiste, celle qui déclare Je peins avec les doigts s’est formée auprès de Josef Albers, à Yale, l’un des tenants du Bahaus et gardera cette filiation toute sa vie. Une autre rencontre la marquera également celle de Jesus Rafael Soto, connu pour ses architectures optiques.
A partir d’une vingtaine d’œuvres en donation, cet amitieux panorama de 145 pièces allant de la tapisserie à la “soft sculpture”, du modernisme au post-minimalisme dépasse les hiérarchies habituelles entre design, sculpture, art décoratif, artisanat..Que ce soit avec le lien, le coton, la laine, le bambou, les coquillages, les plumes, .. il s’agit de collecter les gestes du monde et cette intelligence de la main qu’elle vénère.
Une inventivité sans pareil propice à la méditation comme avec les “minimes”, sortes de petits carnets intimes qui ne la quittent pas.
Quant aux “Pockets” à la fin du parcours, ces poches de coton blanches ils sont une invitation lancée au visiteur d’y déposer ses objets précieux.
Souvenirs d’une vie haute en couleur pour celle qui a épousé un apiculteur, vécu dans un ranch au Mexique, suivi le photographe Sergio Larrain pour finalement épouser un avocat new-yorkais.
N’allez surtout pas la cantonner à une Pénélope mais plutôt une amazone !

Elle est actuellement visible à Chaumont-sur-Loire, au musée d’art moderne de la ville de Paris et dans le parc de Versailles (Voyage d’hiver).

 

INFOS PRATIQUES :
Sheila Hicks
Lignes de vie
Jusqu’au 30 avril 2018
Centre Pompidou
Place Georges-Pompidou
75004 Paris
Catalogue bilingue : Lignes de vie
aux éditions du Centre Pompidou, 168 p. 35€
Sheila Hicks est représentée en France par la galerie Frank Elbaz.
http://centrepompidou.fr

Marie-Elisabeth de La Fresnaye

Après une formation en littérature et histoire de l'art, Marie de la Fresnaye intègre le marché de l'art à Drouot et se lance dans l'événementiel. En parallèle à plusieurs années en entrepri...

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