Deux femmes racontent l’Aurès des années 30 au Pavillon Populaire de Montpellier

T. Rivière, Une femme et ses enfants, Aurès, 1935-1936

T. Rivière, Femme portant un tatouage sur le front, population Ouled Abdi, août 1937

T. Rivière, Femme dans l’encadrement d’une porte, Aurès, 1935-1936

G. Tillion ou Jacques Faublée, Thérèse Rivière en mission dans l'Aurès, 1935-1936

T. Rivière, Fête de fin de la moisson, le repas des garçons, douar Tadjmout, 20 mai 1935

G. Tillion, Fillette (Nara) portant une poupée de tissu, Aurès 1935-1936

G. Tillion, Jeune garçon (Brahim) le jour de sa circoncision, Ouled Abderrahmane, septembre 1935

T. Rivière, Germaine Tillion à l'entrée d'une grotte, Aurès, 1935-1936

G. Tillion, Une 'azria (femme libre) avec un groupe d'homme, marché annuel de Tiskifine, août 1935

G. Tillion, Jeune garçon devant une mosquée aux drapeaux flottants, Aurès, juillet 1935

G. Tillion, Une zerda, le repas des hommes, tribu des Beni Melkem, 1935-1936

Claude Cornu, Khadidja, Yyamina et Ysya, Nouader, 1958-1959

T. Rivière, Femme portant du bois, douar Menaâ, 19 février 1935

Trulli
T. Rivière, Une femme et ses enfants, Aurès, 1935-1936
Trulli
T. Rivière, Femme portant un tatouage sur le front, population Ouled Abdi, août 1937
Trulli
T. Rivière, Femme dans l’encadrement d’une porte, Aurès, 1935-1936
Trulli
G. Tillion ou Jacques Faublée, Thérèse Rivière en mission dans l'Aurès, 1935-1936
Trulli
T. Rivière, Fête de fin de la moisson, le repas des garçons, douar Tadjmout, 20 mai 1935
Trulli
G. Tillion, Fillette (Nara) portant une poupée de tissu, Aurès 1935-1936
Trulli
G. Tillion, Jeune garçon (Brahim) le jour de sa circoncision, Ouled Abderrahmane, septembre 1935
Trulli
T. Rivière, Germaine Tillion à l'entrée d'une grotte, Aurès, 1935-1936
Trulli
G. Tillion, Une 'azria (femme libre) avec un groupe d'homme, marché annuel de Tiskifine, août 1935
Trulli
G. Tillion, Jeune garçon devant une mosquée aux drapeaux flottants, Aurès, juillet 1935
Trulli
G. Tillion, Une zerda, le repas des hommes, tribu des Beni Melkem, 1935-1936
Trulli
Claude Cornu, Khadidja, Yyamina et Ysya, Nouader, 1958-1959
Trulli
T. Rivière, Femme portant du bois, douar Menaâ, 19 février 1935

Deux femmes racontent l’Aurès des années 30 au Pavillon Populaire dans une exposition qui montre comment deux scientifiques se sont révélées de remarquables photographes.

Le programme 2018 au Pavillon Populaire, espace dédié à la photographie à Montpellier, est particulièrement audacieux et ambitieux. Sous la forme d’un triptyque la programmation 2018 permet d’interroger différents aspects de la photographie. Le premier volet donne à voir la photographie documentaire à des fins scientifiques avec le travail photographique de missions ethnographiques dans l’Aurès en Algérie. Le second présente la photographie de propagande avec notamment une exceptionnelle exposition qui réunira des images de propagande nazie confrontées aux images de photographes juifs dans les ghettos prêtées pour l’occasion par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Le troisième volet proposera un regard sur la photographie de témoignage avec un focus sur le sud des Etats-Unis au moment des luttes pour les droits civiques.Une programmation exigeante qui s’inscrit dans une politique culturelle de la Ville de Montpellier remarquable en permettant notamment un accès gratuit à l’ensemble de ses expositions au Pavillon Populaire, le bien nommé.

AURES, 1935

Depuis le 7 février et jusqu’au 15 avril 2018, Le Pavillon Populaire propose une très belle exposition  avec  le regard sensible de deux femmes d’exception. Cette exposition présente, pour la première fois ensemble, une sélection de 120 photographies prises par deux jeunes chercheuses, Thérèse Rivière et Germaine Tillion, lors d’une mission ethnographique conduite à partir de 1935 dans l’Aurès et commandée par le Musée d’Ethnographie du Trocadéro qui deviendra le Musée de l’Homme. Cette mission, moins connue que la célèbre mission Dakar-Djibouti (1931-1933) conduite par Michel Leiris et Marcel Griaude en Afrique subsaharienne ou que l’expédition menée en Amazonie par Claude Levis-Strauss (1934), fut tout aussi importante d’un point de vue scientifique compte tenu de la somme d’images, d’enregistrements et de notes réunis par ces formidables ethnographes de terrain.

Un témoignage ethnologique rare sur la société berbère, dans le massif des Aurès, lors de plusieurs voyages d’études de l’entre deux guerres chez les Chaouias. “Se déplaçant à dos de mulet dans les montagnes traversées de gorges et dépourvues de route, où la présence coloniale française se résume alors à un administrateur et quatre gendarmes, les deux jeunes femmes passent deux ans ensemble, en étant totalement intégrées dans la société chaouia” comme l’explique Christian Phéline, le commissaire de l’exposition.

Deux femmes, deux regards, caméra au poing

Les années 30 voient la révolution technologique permettre aux ethnologues et photoreporters de délaisser les lourdes chambres à plaques de verre pour les nouveaux boîtiers portatifs à pellicule souples. L’exposition permet de saisir deux approches et deux regards différents.

Thérèse Rivière se concentrant sur l’étude des activités matérielles et l’économie domestique utilise un Leica qui lui permet des prises de vues rapprochées. Elle se montre très empathique dans son approche des Aurésiens.

De son coté, Germaine Tillion, davantage “ethnologue” est plus portée sur la réflexion théorique et utilise un Rolleiflex, qui impose plus de distance avec le sujet. Ce recul scientifique n’enlève rien à son humanisme, on peut lire à la fin de l’exposition, la phrase inscrite en noir sur un mur blanc : “J’étais dans les Aurès avec un sentiment de sécurité complète. La sauvagerie c’est en Europe que je l’ai apprise. A Ravensbrück, vraiment, nous avions à faire à des sauvages” qui résume bien le parcours douloureux de cette femme engagée et résistante.

Leur travail photographique s’est révélé bien plus que documentaire et pédagogique et renvoie à une histoire tant esthétique que sociale de la photographie.

INFORMATIONS PRATIQUES
AURES, 1935
Au Pavillon Populaire
Du 7 février au 15 avril 2018
Commissaire de l’exposition : Christian Phéline
Direction artistique : Gilles Mora
Pavillon Populaire
Esplanade Charles-de-Gaulle
34000 Montpellier
T +33 (0)4 67 66 13 46
Horaires d’ouverture
Du mardi au dimanche (sauf 25 décembre, 1er janvier et 1er mai)
Hiver : 10h – 13h et de 14h – 18h / Eté : 11h – 13h et 14h – 19h
Visites guidées hebdomadaires
Le vendredi 16h – Le samedi 14h30 et 16h – Le dimanche 11h
Visites guidées ou libres en groupe
Réservations obligatoires par mail : visites@ville-montpellier.fr
Entrée libre et gratuite pour tous les publics / Accessibilité aux personnes handicapées

Patrice Huchet

Passionné depuis son enfance par toutes les formes d’expression artistiques, il débute sa carrière dans le monde du tourisme où il pratiquera la photographie de voyage. Il rejoindra ensuite un...

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