Rencontre avec Louis de Bayser, président du Salon du Dessin de Paris

Portrait de Louis de Bayser © Tanguy de Montesson

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Trulli
Portrait de Louis de Bayser © Tanguy de Montesson
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Le monument néo-classique que constitue le Palais Brongniart accueille jusqu’au 26 mars, la 27e édition du Salon du Dessin. Devons-nous encore présenter ce salon, devenu une référence dans le monde du dessin, que ce soit pour les collectionneurs, les marchands d’art ou les amateurs?

Le Salon du Dessin, c’est 39 galeries spécialisées dans les dessins allant de la Renaissance jusqu’à l’époque contemporaine, des Rencontres Internationales autour d’une thématique, des expositions en partenariat avec de grandes institutions muséales et privées comme une sélection de dessins de la Maison Chaumet et un parcours “hors-les-murs” nous invitant à découvrir les cabinets d’arts graphiques les plus précieux. Mais c’est aussi un livre ouvert d’Histoire de l’Art, une étude du dessin à travers les siècles au regard de la pluralité des sujets et des techniques. Nous avons rencontré le galeriste Louis de Bayser, président du Salon du Dessin depuis 2013, qui nous parle de ce domaine métamorphosé en objet de désir.

Marlène Pegliasco : Le Salon du Dessin est devenue une référence mondiale dans ce domaine. Quelles sont les clés de sa réussite?

Louis de Bayser : Tout d’abord, le Salon du Dessin est un salon qui a été créé par des marchands pour des marchands et dans l’ intérêt du dessin. Les marchands sont très impliqués dans son organisation et en même temps dans la promotion de cet art subtil. La partie commerciale est importante mais ne fait pas tout car nous avons aussi un colloque qui se tient sur deux jours sur les Arts du Spectacle, des collections publiques et privées qui ouvrent leur cabinets d’art graphiques, car le dessin est un objet fragile qui ne peut pas être exposé en permanence, et la Semaine du Dessin avec toutes sortes de manifestations. Nous avons donc un rôle important dans toute cette organisation, faisant du Salon du Dessin l’épicentre, le premier événement autour duquel se sont fédérés de nombreux autres autour du dessin. Et le public est toujours là . Le Salon a déménagé deux fois depuis sa création en 1991 et chaque déménagement s’est accompagné d’une phase de développement. Il y avait 17 exposants quand nous avons commencé au Georges V. Puis, nous sommes allés au Grand Palais, au Salon Hoche et enfin ici, au Palais Brongniart depuis 2004 et chacun de ces déménagement était nécessaire pour avoir un développement consécutif. Aujourd’hui, nous sentons que nous avons atteint une sorte de maturité, le lieu et le format de cet évènement correspondent aux attentes des visiteurs. Quant aux transactions, elles restent actives d’une année sur l’autre.

Marlène Pegliasco : Vous êtes Président de la société du Salon du Dessin (aujourd’hui Agence d’Évènements Culturels). Quelles en sont les responsabilités?

L. d. B. : Nous avons changé le nom de notre société car depuis 2017 et la première édition de Fine Arts Paris, on s’est rendu compte qu’il y avait une confusion dans l’esprit des personnes. Ensuite, à la tête de cette société se trouvent 8 marchands membres qui gèrent l’organisation de ces salons et qui prennent des décisions. Etre président est un titre qui astreint à certaines obligations mais la société fonctionne avec ces 8 membres. Les décisions se prennent ensemble. Je n’ai pas envie de révolutionner le Salon, déjà évènement incontournable lorsque j’ai pris la présidence de la société, donc ma position est que ce salon du dessin reste une référence mondiale mais continue à susciter le désir. On connaît la facilité avec laquelle les gens peuvent céder pour un nouvel évènement mais au bout de 27 éditions, il faut toujours rester actif et pour cela  capitaliser notre expérience et notre savoir faire. Nous pouvons toujours modifier certaines choses mais il n’est pas question de s’endormir sur ce qui fonctionne ni même de mener un changement radical.

Marlène Pegliasco : Le thème des Rencontres Internationales du Dessin est les arts du spectacles, un thème à l’honneur sur deux années consécutives. Pourquoi ce choix?

L. d. B. : Nous choisissons des thèmes qui n’ont pas été très étudiés ou alors qui ont besoin d’une mise à jour comme les dernières rencontres sur la thématique “De David à Delacroix” , une actualisation d’une grande exposition qui s’est tenue en 1974-1975 au Grand Palais. Les arts du spectacle sont un domaine qui n’a pas été étudié de manière approfondi mais qui mérite de l’être vu la richesse des collections des institutions parisiennes dont les dessins se comptent par centaines voire milliers. Le spectacle est un art vivant qui a besoin du dessin pour divers éléments comme le décor ou les costumes. Il existe une vraie interaction entre les deux et c’est assez méconnu. Donc on essaye de trouver des thèmes pour lesquels il existe une matière d’œuvre communicable et donne ainsi l’occasion aux institutions de montrer des œuvres liées à ce choix. La Comédie Française est une bonne illustration car elle possède des milliers de dessins de décors des diverses représentations et cette collection s’enrichit de nouveaux dessins pour en faire une collection vivante.

Marlène Pegliasco : Parlez-nous de Fine Arts Paris

L. d. B. : Début novembre, Fine Arts Paris s’organise comme le Salon du Dessin. Pour la première édition qui s’est tenue du 08 au 12 novembre 2017, nous étions aussi installés au Palais Brongniart, les stands étaient conçus de la même manière mais de taille différente. Le Salon du Dessin est un salon de spécialité dans le but de montrer toute la diversité de ce médium alors que Fine Arts se spécialise dans les Beaux-Arts, peinture, sculpture et dessin et ces trois pratiques se mélangent très bien. C’est un salon dans la même continuité car on veut y mettre la même qualité et en faisant des événement périphériques comme un colloque et une exposition muséale. Nous voulons créer un évènement dans ce marché de l’art, que cela devienne un rendez-vous incontournable des Beaux-Arts. C’est pour cela qu’il faut susciter l’intérêt avec un salon exigeant sur la qualité de la sélection des œuvres exposées et des propositions attractives.

Marlène Pegliasco : Galeriste, vous êtes aussi collectionneur. Quels conseils donneriez-vous à une personne qui veut commencer une collection de dessin?

L. d. B. : Venir ici est une bonne chose car cela permettra au futur acheteur de voir de nombreux pans de tout ce qu’il pourra trouver dans un dessin, en terme d’époque, de sujet et de prix . Les caractéristiques de chaque dessin sont très larges aussi la base est d’en voir le plus possible. Cela lui permettra aussi de savoir quelle époque l’intéresse, quelle technique et surtout après quand il se lance, il devra suivre son œil et son émotion plutôt qu’un nom ou le prix. Quand un dessin vous remue, c’est bon signe.

Marlène Pegliasco : Avez-vous une technique favorite?

L. d. B. : J’aime bien le fusain et le pastel. ce sont des matières intéressantes mais il faut que ce soit en bon état sinon cela perd de son intérêt, c’est-à-dire que la matière soit très poudreuse, très riche comme velouté. Un vêtement réalisé au pastel donne envie de le toucher. Des yeux bien dessinés donneront un regard qui pétille. C’est une matière que j’aime beaucoup, que je trouve particulièrement très chaleureuse mais qui fait peur aux collectionneurs parce qu’elle est fragile.

Marlène Pegliasco : Quelles particularités offre le dessin?

L. d. B. : L’avantage des dessins est de conserver beaucoup de traces de la création, ce qui est moins évident avec la peinture ou la sculpture. Ce sont souvent des périodes d’apprentissage plus que des périodes de productions d’œuvre abouties. On peut retrouver toute la vie d’un artiste à travers ses dessins, ils permettent de combler un manque dans des périodes démunies de productions artistiques, et on arrive à faire des liens dans l’analyse de leur œuvre graphique. Souvent, on identifie des artistes à des œuvres emblématiques et même dans le dessin, on a oublié qu’ils ont eu des périodes différentes avec un enseignement classique. De nombreux artistes contemporains ont fait des dessins très classiques et à première vue, on a du mal à reconnaître leur style. Le dessin permet de révéler ces choses enfouies et d’être agréablement surpris.

INFORMATIONS PRATIQUES
Le Salon du Dessin
Du mercredi 21 au lundi 26 mars2018
Palais Brongniart
Place de la Bourse
75002 Paris
Plus d’informations ici

Marlène Pegliasco

Diplômée d’un Master en Histoire de l’Art et habitant à Toulon,j'ai créé le blog Art In Var (www.artinvar.fr) afin de partager avec mes lecteurs, la riche actualité artistique de ce beau dé...

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