A PPR OC HE: La Photo sort du cadre!

©Bruno Fontana

©Marianne Csáky

©Marianne Csáky

Trulli
©Bruno Fontana
Trulli
Trulli
©Marianne Csáky
Trulli
©Marianne Csáky

Nous étions curieux de voir cette deuxième édition de A PPR OC HE, dernier né des salons consacrés à la photographie. Elle confirme un parti pris de défricheuse.

Un petit salon, certes, mais qui recèle quelques pépites. Sa principale force est une photographie plasticienne sans frontière, un laboratoire qui ne s’interdit aucun support et la photographie sort du cadre. Ici on peut voir un portrait délicatement imprimé sur une feuille, des silos ou des usines sur des plaques d’aluminium comme une version contemporaine ou un vibrant hommage aux photos de Bernd et Hilla Becher.

Dans cette ancienne maison qui vit Molière dans ces murs, la photographie se découpe sous le cutter du duo franco japonais composé de Thomas Sauvin et  Kensuke Koike. Les artistes nous proposent une réinterprétation de portraits noir & blanc anciens en découpant  des formes qui sont replacées selon une géométrie particulière. En cette période de commémoration du centenaire de la fin la 1ère Guerre Mondiale, ces portraits de gueules-cassées résonnent de façon incroyable.

La photographie se fait également  sculpture ou couture sous les doigts de Marianne Csáky qui, présentée par la galerie Inda, propose des œuvres étonnantes. Elle redonne à ses images une toute nouvelle narration avec des aplats de tissus cousus sur ces images, ou avec tout un travail colorimétrique sur des négatifs sous verre enchâssés sur des structure en métal, ou encore sur, d’autres œuvres, avec un jeu de polygones entrecroisés renforçant dans tout ces cas une certaine dramaturgie.

Elle “s’instantanise ” avec les Polaroïdioties du sculpteur Erik Dietman. La galerie Papillon présente une série de polaroïds à la frontière de l’abstraction. Un travail moins connu de cet artiste qui pourtant avait un réel talent de photographe.  

Elle prend encore des allures de vestiges archéologiques avec le travail de Vittoria Gerardi qui nous propose une expérience visuelle et mentale du paysage. La jeune photographe italienne nous présente sa propre perception du paysage de la Vallée de la Mort, un lieu désertique, aride et chaud. La photographe utilise des parties du négatif comme des fragments de paysages pour construire des frontières symboliques entre matière et temps, entre espace et lumière, comme pour mieux marquer le paysage d’une cicatrice, celle d’un horizon imaginaire. Elle présente également des cubes de plâtre blanc d’où émerge un ruban de photographie de ce désert nous invitant à imaginer les vestiges d’un temps minéral lointain.

Elle se fait protocolaire et poétique sous le travail Marie Clerel représentée par la galerie Binôme. En effet,  la photographe propose un calendrier sous la forme d’une série de cyanotypes qui ont été révélés à l a lumière du jour à midi. Ces petits rectangles montés comme un calendrier montrent une vision symbolique et poétique du ciel chaque jour et sur un mois. On peut sans problème distinguer les mois d’été aux mois d’hiver par l’intensité des bleus. Des œuvres tout à fait étonnantes qui par un protocole extrêmement rigide parviennent à nous attendrir.

Un salon qui, comme son nom l’indique, révèle une autre approche de la photographie, une photographie libérée de pensées dogmatiques.

A PPR OC HE

Le Molière

40 rue de Richelieu

75001 Paris

Patrice Huchet

Passionné depuis son enfance par toutes les formes d’expression artistiques, il débute sa carrière dans le monde du tourisme où il pratiquera la photographie de voyage. Il rejoindra ensuite un...

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