Prix Niepce 2019 décerné à Raphaël Dallaporta

série antipersonnel©Raphael Dallaporta

série antipersonnel©Raphael Dallaporta

série Esclavage Domestique©Raphael Dallaporta

Chauvet-Pont d'Arc, l'inappropriable ©Raphael Dallaporta

Chauvet-Pont d'Arc, l'inappropriable ©Raphael Dallaporta

Série Ventre ©Raphael Dallaporta

Trulli
série antipersonnel©Raphael Dallaporta
Trulli
série antipersonnel©Raphael Dallaporta
Trulli
série Esclavage Domestique©Raphael Dallaporta
Trulli
Chauvet-Pont d'Arc, l'inappropriable ©Raphael Dallaporta
Trulli
Chauvet-Pont d'Arc, l'inappropriable ©Raphael Dallaporta
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Série Ventre ©Raphael Dallaporta

#PARIS Des protocoles de prises de vue couplés à une approche documentaire d’une neutralité rigoureuse, voici ce qui pourrait caractériser le travail de Raphaël Dallaporta, nouveau lauréat du prix Niépce 2019. On avait découvert son travail en 2004 aux Rencontres d’Arles sur une proposition de Martin Parr. Son projet “Antipersonnel” bouleversait nos repères en appliquant les techniques photographiques du portrait et de la nature morte, à des objets de mort et de destruction que sont les mines antipersonnelles. Ces grands formats glossy choquaient, le message envoyé, d’une violence inouïe dans un monde post 11 septembre, était clairement militant et chacun tentait d’aborder la question avec la même distance clinique que le photographe avait pris soin d’engager dans sa prise de vue. De sublimes images boomerang qui pourtant nous revenaient en pleine figure. Puis ce sera “Esclavage Domestique” une série qui révèle les inhumanités quotidiennes et confronte des images volontairement ordinaires, triviales à l’inqualifiable, avec des textes puissant et qui font toute la force de ce projet. Enfin plus récemment, ces mêmes conventions méticuleuses utilisées pour réaliser une installation monumentale en noir et blanc de la grotte Chauvet.

“Une grotte nécessite d’être traitée avec une infinie retenue : comme un paysage, un espace naturel qui anime un sentiment profond de l’immémorial en nous.” Raphaël Dallaporta

Cette installation photographique, que l’on pouvait découvrir jusqu’en ce début d’année au 104, renouvelait par l’approche d’images inattendues, notre regard sur 36000 ans d’histoire, dans un lieu strictement réservé aux scientifiques dorénavant et qui suscite des convoitises d’imaginaires collectifs. Raphaël Dallaporta crée des images totémiques avec ses panorama elliptiques conçus pour le site et qui permettent une restitution quasi parfaite du relief de la grotte. Elles restituent, simultanément et dans un même geste photographique, des strates d’histoires différentes, du sol au plafond. Le noir et blanc aspire notre regard et notre pensée vers ces oeuvres graphiques et en révèle l’étrange modernité.

Pensionnaire de la Villa Médicis à Rome en 2014 et déjà plusieurs fois récompensé par des prix prestigieux, Raphaël Dallaporta voit donc son oeuvre couronnée par le prix Niepce 2019 décerné par l’association Gens d’Images mercredi soir à la Bibliothèque Nationale de France.

 

 

Lili Tisseyre

Journaliste puis directrice de production, Lili Tisseyre dirige la création et la gestion éditoriale des premiers contenus web pour les émissions de télé-réalité du groupe Endemol au début des...

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