Monster Chetwynd sublime Monster Rebellion à la Villa Arson

Monster Chetwynd Exposition "Monster Rebellion" Villa Arson 2019

Vue de l'exposition Monster Rebellion. Monster Chetwynd, Peanut, 2018, Courtesy Sadie Coles HQ, Londres, Photo : François Fernandez

Vue de l'exposition Monster Rebellion. Monster Chetwynd, Prolific Patatoes, 1, 2, 3 et 4, 2019, Courtesy Sadie Coles HQ, Londres, Photo : François Fernandez

Vue de l'exposition Monster Rebellion. Monster Chetwynd, Cacti Chariot, 2018 (Collection du Cnap), Bats 2019. Courtesy Sadie Coles HQ, Londres, Photo ©François Fernandez

Vue de l'exposition Monster Rebellion. Monster Chetwynd, Cacti Chariot, 2018 (Collection du Cnap), Bats 2019. Courtesy Sadie Coles HQ, Londres, Photo ©François Fernandez

The Theatre Puppet Set, 2018©Monster Chetwynd Villa Arson 2019 Vue de l'exposition Monster Rebellion. Courtesy Galerie Massimo de Carlo, Milan, Photo©François Fernandez

Trulli
Monster Chetwynd Exposition "Monster Rebellion" Villa Arson 2019
Trulli
Vue de l'exposition Monster Rebellion. Monster Chetwynd, Peanut, 2018, Courtesy Sadie Coles HQ, Londres, Photo : François Fernandez
Trulli
Vue de l'exposition Monster Rebellion. Monster Chetwynd, Prolific Patatoes, 1, 2, 3 et 4, 2019, Courtesy Sadie Coles HQ, Londres, Photo : François Fernandez
Trulli
Vue de l'exposition Monster Rebellion. Monster Chetwynd, Cacti Chariot, 2018 (Collection du Cnap), Bats 2019. Courtesy Sadie Coles HQ, Londres, Photo ©François Fernandez
Trulli
Vue de l'exposition Monster Rebellion. Monster Chetwynd, Cacti Chariot, 2018 (Collection du Cnap), Bats 2019. Courtesy Sadie Coles HQ, Londres, Photo ©François Fernandez
Trulli
The Theatre Puppet Set, 2018©Monster Chetwynd Villa Arson 2019 Vue de l'exposition Monster Rebellion. Courtesy Galerie Massimo de Carlo, Milan, Photo©François Fernandez

#NICE L’influence de l’œuvre critique de Mikail Bakhtin sur son propre travail, Monster Chetwynd la revendique haut et fort. On y retrouvera donc la même appétence pour la polyphonie, la structure carnavalesque à partir de l’univers médiéval quand les récits s’entrecroisent, se contredisent:et tendent à subvertir l’autorité sociale et politique à partir de l’humour et des cultures populaires. L’analyse que Bakhtine conduisait à partir du roman, à travers notamment Rabelais et Dostoïevski, Monster Chetwynd la poursuit dans une œuvre burlesque et transgressive où la performance et le plurilinguisme des figures ne sont jamais absents. 

Le nom que l’artiste se donne maintenant n’est d’ailleurs lui-même que l’actualisation d’une identité toujours mouvante en relation avec une œuvre elle aussi travaillée par la notion d’ « intertextualité » : On y croise le monde médiéval, le rapport à Jérôme Bosch, les chauves-souris, les serpents et les salamandres mais aussi la bande dessinée, les fanzines et l’élaboration collective de l’œuvre quand, par exemple, elle collabore avec des groupes d’enfants… 

L’imaginaire de Monster Chetwynd s’empare de la Villa Arson dans une débauche de créativité sur les murs, les plafonds ou le sol. Une ambiance sonore et un éclairage coloré soutiennent cette mise en scène punk et pleine d’humour. L’artiste y ajoute une revendication écologique par une relation forte avec les matériaux pauvres, légers, facilement transportables. Comme les enfants, elle crée du « monstrueux » avec du carton, du papier mâché auxquels elle rajoute latex liquide et autres éléments. Il en résulte un univers improbable, hors temps, parfois aussi sinistre que drôle mais qui nous transporte toujours dans le fabuleux royaume de l’imaginaire. Tout est d’une claudicante beauté et d’une logique estropiée quand les créatures fantastiques vampirisent une peinture de François Boucher tandis que, d’une pièce à l’autre, s’ouvre un nouveau décor pour un gigantesque carnaval. 

Le monde nocturne de Monster Chetwynd est délicieusement irrévérencieux. d’une légèreté grimaçante. On y circule avec jubilation, on se heurte à nos fantômes, on erre dans le jardin des délices, on s’amuse de ces bricolages de quatre sous et l’on se dit que le monde est ainsi fait : Nous sommes étrangers à lui et pourtant nous y habitons. Ces créature hybrides qui nous regardent sont aussi une part de nous-mêmes. 

Monster Chetwynd (ex Spartacus et Ex Marvin Gaye Chetwynd) est née en 1973. Elle vit et travaille à Glasgow. Elle est représentée par les galeries Sadie Coles HQ à Londres, Massimo de Carlo à Milan et Gregor Staiger à Zurich. 

Jusqu’au 13 octobre 2019 

Monster Chetwynd, « Monster Rebellion »

Villa Arson, Nice

Plus d'articles Art contemporain

A lire aussi

#VENISE L'été vénitien est maintenant terminé, mais pas ses innombrables événements artistiques. La ville du Palais des Doges récompense en effet les arts lors de la Biennale de Venise, divisée en art contemporain,…
#NICE Deux artistes, Simon Bérard et Tom Giampieri, investissent « le château », c'est à dire la vaste salle dévolue autrefois à un générateur électrique, au bout de la cour de L'Espace à Vendre.…
#NICE Se confiner dans une démarche illustrative en dépit de la variété des approches et des formes qu'elle peut emprunter demeure le risque de toute exposition thématique. Très souvent les images et les…