Ôde à la Liberté, liberté chérie

Trulli
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#NICE Se confiner dans une démarche illustrative en dépit de la variété des approches et des formes qu’elle peut emprunter demeure le risque de toute exposition thématique. Très souvent les images et les genres se juxtaposent ou se chevauchent dans une relative cohésion sans une véritable analyse du thème abordé et des formes qu’elle implique. La réussite de cette exposition tient donc au fait qu’elle ne repose pas sur la célébration comme le titre « Liberté, liberté chérie » pourrait le laisser entendre.

En préambule Simone Dibo-Cohen, Commissaire et Présidente de l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne, cite Paul Valéry :

« Liberté c’est un de ces mots détestables qui ont plus de valeur que de sens, qui chantent plus qu’ils ne parlent, qui demandent plus qu’ils ne répondent. »

Son aspect indéfinissable, indéterminé, s’ouvre donc à tous les possibles à tel point que les mêmes mots pourraient correspondre à une définition de l’art.  Une vingtaine d’artistes vivants déclinent leurs propositions autour de cet horizon poétique, de ce « chant », de ce questionnement sur lequel reposerait le concept de liberté. Et si celui-ci est toujours en progrès, aveugle aux formes futures qu’il produira, le voici donc associé au domaine de la création. L’artiste est donc bien avant tout un créateur de Liberté. 

Les œuvres présentées ici s’attachent toutes à exprimer un aspect précis du concept et l’on pourra seulement regretter que le propos soit parfois brouillé par d’autres thématiques telles que la cause animale. On en vient alors à confondre dangereusement liberté et morale… Les œuvres restent fortes et c’est l’essentiel. Liu Bolin s’immerge dans la réalité au point de se fondre avec les éléments dans lesquels il est photographié. Être libre est-ce alors fusionner, devenir invisible ? Et pour se protéger du monde ou agir sur lui ? Gérard Rancinan réactualise l’iconographie de la liberté en réinterprétant par la photographie le tableau de Delacroix. L’iranienne Shadi Rezaei, par le biais du dessin et de la vidéo, s’intéresse à la liberté du corps en relation avec les traditions culturelles et religieuses. Benjamin Sabatier s’attache plus particulièrement à la sculpture et à l’expérimentation qu’elle permet tandis que bien d’autres artistes évoquent la sexualité, la répression et les drames de l’histoire. C’est peut-être dans l’idée même de peinture et de figuration que François Bard pense ce concept de liberté. La figure anonyme, centrée jusqu’à l’étouffement, « dépeint » une forme d’absence, la cicatrice d’un manque. Il y a aussi Franta, Louis James, Philippe Perrin, Gérard Taride, Myrian Klein , Bennacer… L’exposition se tient dans un ancien bagne : La preuve que l’art peut vaincre l’oppression. 

Jusqu’au 15 octobre

« Liberté, liberté chérie », Exposition collective 

Galerie Lympia, Nice  

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