#PhotoCollection : Rare “Moonrise, 1938” par Edward Weston

Edward Weston - Moonrise, 1938

Trulli
Edward Weston - Moonrise, 1938
#PhotoCollection Quel tour de magie faut-il faire pour que les images se mettent à parler, que les photographies résonnent et que la tonalité ténue du noir prenne cet halo vif ? Le Moonrise de 1938 d’Edward Weston, pris dans les paysages abruptes de la Vallée de la mort, est typiquement un cliché qui déclenche cette question et fait écho dans l’esprit du regardeur. Dans les hauteurs sombres et dramatiques des monts de la Death Valley se reflète l’allégeance de Weston à une certaine idée de l’artiste, le photographe.
Le romantisme présent dans cette photographie, exemple de l’éternité et du pouvoir de la nature, aborde la notion du rôle du photographe à la lisière de la spiritualité et de l’art. En effet, à l’instar de son “jeune” confrère, Ansel Adams avec son fameux “Moonrise”, pris dans le désert mexicain dans les années 1940, Edward Weston croyait en un art d’universalité et d’éternité.
Dans le cas d’Edward Weston, la dualité entre son intérêt pour les formes et l’éclairage dans leur forme la plus pure et la plus simple,  sa dévotion à un anticonformisme souvent rebelle et désordonné le conduise également au Mexique.  Son séjour en compagnie d’artistes romantiquement rebelles et révolutionnaires comme Diego Rivera, pourtant se déroule dix ans avant la prise de vue de son Moonrise. Mais son intérêt pour les idées complexes de l’art comme moyen de spiritualité et son articulation par une composition puissante mais formellement naturelle est resté intact. Son implication avec la photographe et muse Tina Modotti a certainement été ce qui a encouragé Weston dans sa quête toujours croissante de sens à travers la photographie. L’influence de la jeune femme et de leur travail en commun n’a fait que pousser Weston plus loin sur la voie de sa quête de sens.
La monumentalité du paysage sous le clair de lune perçant, point le plus blanc et le plus pur de l’image, parle de sentiments primitifs sans lien culturel. L’auréole dramatique de la lune qui attire le spectateur dans ce plan particulier met en évidence l’idée du photographe en tant qu’individu en quête personnelle d’éléments immuables qui se rapportent à la fois à l’art et à la vie : le lever de lune pourrait bien être l’élévation d’Edward Weston vers sa vision idéale de la photographie, que les réflexions plus fines de la lune embrasse dans sa pureté totale. La Lune étant une source de lumière plus douce pour une vie plus douce.
Condition Report: Quatre petites traces circulaires d’émulsion dans la partie inférieure du tirage. Les bords sont légèrement solarisés et ont quelques petits éclats. Les sels d’argent sont visibles sur la partie inférieure des bords latéraux et le long du bord inférieur. La photo est montée sur un carton beige. L’avant de la monture est plus ou moins foncé dûs traitements antérieurs et présente des salissures superficielles mineures. L’envers présente quelques salissures superficielles mineures.
Par Gérôme Saint-Germain pour 28VignonStreet

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