La Fondation des Treilles et sa collection de livres d’artistes au Ga.M
02.01.19
Marlène Pegliasco

#TOULON Ouverte depuis cet été dans la Rue des Arts dans le centre historique de Toulon, la Galerie des MuséesGa.M.– est une extension du Musée d’Art, situé à la sortie du Boulevard de Strasbourg, proposant des expositions dédiées à  l’art actuel et contemporain. Après avoir accueilli le travail de Julien Oppenheim durant la Design Parade Toulon #3, la Ga.M présente, jusqu’au 19 janvier 2019, une trentaine d’ouvrages d’artistes rares, des dessins et quelques sculptures provenant de la collection de Anne Gruner Sclumberger et conservés à la Fondation des Treilles, une résidence d’artiste , un « lieu de rencontres où créateurs et chercheurs se retrouvent. » Une exposition qui permet de découvrir des trésors artistiques de la part d’artistes majeurs du XXe siècle.

Anne Gruber Schlumberger et les artistes du XXe siècle

Résidences scientifiques et artistiques, le mécénat d’Anne Gruner Schlumberger permit la production d’œuvres originales et singulières. Située à Tourtour, dans le Haut-Var, la Fondation des Treilles est une fondation privée, non ouverte à la visite mais qui reçoit toujours des résidences. Un lieu de création unique, où la végétation varoise environnante, mêlée de vignes et d’oliviers, côtoie les boules en marbre de Vassilakis Takis, les moutons de François-Xavier Lalanne et le Capricorne en bronze de Max Ernst. La bibliothèque conserve les livres d’artistes exposés à la Ga.M , des trésors uniques croisant les talents d’écrivains, poètes et plasticiens.

En entrant dans l’exposition, notre regard est attiré par les aplats de couleurs fortes de Fernard Dubuis. Illustrant le recueil de poèmes de Jean Tardieu, chaque aquarelle dévoile des nuances intenses. Elles sont composées de plages chromatiques délimitées par un contour blanc, créant une harmonie ou un choc vibratoire merveilleux.

Imprimés  à peu d’exemplaires, les Carnets de Georges Braque possèdent chacun une couverture différente. L’illustration de  L’ordre des oiseaux , poèmes de Saint-John Perse, dévoile un cubisme plus poétique, porté sur les volatiles et les natures mortes. Fernand Léger collabora avec Blaise Cendrars dans quelques ouvrages d’après guerre dont le style s’inspire des codes dactylographiques du journalisme. Un style qui évolue pour donner naissance à sa signature : un trait graphique singulier, des formes épaisses et des couleurs joyeuses, merveilleusement regroupé dans l’ouvrage  Contrastes  de 1959.

Nous savons que les figures du Centaure et du Minotaure ont été chères à Pablo Picasso. Il continue de puiser dans le répertoire mythologique pour  Femmes et Faunes (1956). Exécutés au lavis, les dessins témoignent de sa maîtrise graphique à exécuter un sujet en quelques traits significatifs. Dans une autre vitrine, ce sont les dessins de Dorothea Tanning et de son mari Max Ernst qui accrochent le visiteur. Quelques connaissances en pataphysique seront nécessaires pour décrypter les phrases surréalistes de Max Ernst.  Les magnifiques gravures sur bois, rehaussées à l’aquarelle, illustrent l’ouvrage Les Malheurs des Immortels du poète Paul Eluard. Des dessins froids, énigmatiques, à l’opposé de la ligne bouclé d’Henri Laurens. Sculpteur, ami de George Braque,  Henri Laurens possédait un atelier à Paris à proximité de la maison des Schlumberger et la jeune Anne apprit les rudiments du dessin avec ce maître. Pour l’ouvrage  Les Idylles  de Théocrite, il exécute des gravures sur bois et des dessins à la gouache sur de grand aplat rouge pour renouer avec l’iconographie des vases à figures rouges de l’Antiquité grecque. Car aux Treilles se mêlent pièces contemporaines et antiques, un pont moderne entre deux époques indissociables.

Inspirations varoises

La Fondation des Treilles fut un lieu d’inspiration et de création portée par une personnalité commandeur des Arts et de la Recherche. Les résidences d’artistes continuent le travail d’Anne Gruner Schlumberger (la photographe Sophie Zénon y résida avant d’exposer à PhotoMed en 2017) et la terre varoise d’attirer des artistes qui, comme Max Ernst, y resteront définitivement. Sculptures, dessins, archives vidéos et ouvrages lettrés composent cette exposition riche et unique à ne manquer sous aucun prétexte.

 

Jusqu’au 20 janvier 2019

« Quel Lustucru (Max Ernst) » Les livres d’artistes de la Fondation des Treilles

22,24 rue Pierre Sémard

83000 Toulon

Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h

Entrée libre