Joan Miró: constellations surréalistes au Grand Palais
11.01.19
Lili Tisseyre

#PARIS C’est au Grand Palais que se tient actuellement une exposition aussi imposante qu’étoffée consacrée au peintre Joan Miró. Une rétrospective qui réunit environ 150 œuvres du maitre catalan sur plusieurs étages.

Mirò s’installe dans les années 20 à Paris, rue Blomet, où il fréquente beaucoup d’artistes, poètes et écrivains. Il participe à sa première exposition surréaliste en 1925 avant d’explorer d’autres langages et d’autres expérimentations plastiques. On découvre, pour passer de salles en salles, comme des respirations, des photos qui mettent en valeur cette proximité, notamment Aragon ou encore André Breton. Durant la guerre civile espagnole, Il reste à Paris et se lance dans un nouveau réalisme, avec une pièce centrale « Le Faucheur en 1937 » avant un retour en Espagne de 1940 à 1955. C’est au cours de cette période qu’ il conçoit les 23 constellations et réalise ses premières sculptures et céramiques. Il produira jusqu’à sa mort à Palma de Majorque en 1983, là où il a élu domicile depuis les années 50, notamment ses grands triptyques ainsi que le « Labyrinthe » sans pour autant cesser de voyager, au Japon ou au États-Unis.

Dans chaque salle et pour chaque période, la scénographie est introduite par des textes très détaillés (“La couleur de mes rêves en passant par le Cubisme“, “Le Surréalisme“, “Les constellations“, “La Céramique“, “Les Bleus I, II et III  puis “l’Oeuvre Ultime“), l’éclairage est très bien contrôlé et les différentes climats permettant à la lumière de mettre en valeur chaque tableau du peintre. Face aux toiles superbes, notre esprit s’échappe devant la beauté et la maitrise technique de Joan Miró. Ses couleurs et sa précision sont, dans ces vastes espaces, comme une constellation (sans jeu de mots) d’œuvres poétiques où les femmes, les oiseaux sont les personnages centraux de ces romances visuelles, jusqu’aux sculptures, et sa série “Les bleus  I, II, III” qui parachèvent le travail méticuleux des commissaires d’exposition. Enfin, “l’Oeuvre Ultime”, dans la dernière salle, semble parler de Joan Miró, comme un autoportrait, lui qui insatiable, sera toujours à la recherches de nouvelles connaissances, de nouvelles expériences. Ses dernières peintures évoquent une proximité de pensée et de visions avec un certain Cy Twombly  et nous emportent plus loin encore entre poésie et mythologie.

 

MIRÒ

Grand Palais, Galeries nationales

Du 3 octobre au 4 février 2019

3 avenue du Général Eisenhower

75008 Paris