Un dessin…un trait! Rencontre avec Christian Lhopital
28.05.19
Marlène Pegliasco

Aucune œuvre sans que le dessin ne soit au centre de sa création. Interroger la figure, procéder à des recouvrements : Christian Lhopital surprend avec des formes flottantes, évanescentes et oniriques. Après avoir créé un univers en immersion avec « Danse de travers » au Drawing Lab à Paris, l’artiste, né en 1953 à Lyon, retrouve la capitale des Gaules où la Galerie Michel Descours présente un ensemble d’œuvres emblématique de sa recherche entre situations heureuses et dramatiques.

Marlène Pegliasco : Vous présentez à la fois des séries connues et des œuvres de plus grand format inédites. Pourquoi ce choix?

Galerie Michel Descours : Il s’agit de la première collaboration avec la galerie et la première fois que nous présentons le travail de cet artiste. Nous souhaitions présenter des œuvres récentes, réalisées ces trois dernières années, tout en montrant une diversité formelle, en allant puiser dans différentes séries. Nous tenions ainsi à présenter les séries inédites, les plus récentes, que personne n’avait encore montrées. Puis des travaux récents relevant de séries en effet ouvertes il y a quelques années et qui se prolongent.

Marlène Pegliasco :”Solitude et multitude”…Des aspects du dessin? De l’artiste?

Galerie Michel Descours : Le titre de l’exposition et le titre du texte d’Anne Giffon-Selle que nous publions dans le catalogue. Cela correspond bien à la nature ambivalente du travail de Christian Lhopital. Il s’agit bien d’une façon d’appréhender l’œuvre graphique plus que l’artiste lui-même. Il y a souvent une tension entre solitude et pluralité, entre image joyeuse et motif grinçant caché. La démultiplication d’un motif en plusieurs variations, manière de travailler qui revient souvent, est aussi une raison de ce titre.

Marlène Pegliasco : Qu’est-ce qui vous attire dans le travail de Christian Lhopital?

Galerie Michel Descours : Le fait qu’il ait inventé un univers plastique très personnel, singulier, qui lui est totalement propre, qui se distingue et qui est clairement reconnaissable. Et pourtant, son œuvre n’est pas du tout monolithique, même très diverse, articulée en plusieurs types de séries et de pratiques exercées en parallèle. J’aime particulière cela. Son côté non élucidable au premier regard, le fait qu’il soit nécessaire de chercher, de poursuivre le regard, de s’attarder, et que le temps du regard joue un vrai rôle pour enrichir l’appréciation de l’œuvre. Il y a sans cesse des détails à découvrir, des sortes d’anamorphoses, observer un motif d’une certaine façon nous conduit à un autre motif d’abord caché, puis encore à un autre… Cela est assez fascinant.

Portrait d’un dessinateur :

Si vous étiez un dessin? La nuque d’une femme dans un dessin d’Antoine Watteau

Votre technique favorite? Aucune (technique) favorite! Au gré des humeurs, des jours, des outils, des matériaux à ma disposition, du plus simple comme un bout de crayon ou du café, au plus complexe comme l’aquarelle ou le pastel, l’éventail est immense.

Le support le plus insolite? Un mur, tel que je l’ai « découvert » avec mon premier dessin mural en 1999, était insolite et fascinant.

 « Dessiner, c’est comme …. » ? Voyager en tout sens, et dans tous les sens du terme, sans repère, sans balise, en toute liberté.

 

 

Christian Lhopital. Solitude et Multitudes

Du 11 avril 2019 au 22 juin 2019

Galerie Michel Descours

44 rue Auguste-Comte 69002 LYON